Vladimir Poutine devrait s'inquiéter. Depuis les procès des nazis à Nuremberg et des criminels de guerre japonais à Tokyo, jamais autant de dirigeants du monde n’ont fait cause commune pour traduire en justice les auteurs de crimes qui ont apporté terreur, mort et misère à des millions de personnes sans défense.
La décision de poursuivre la cabale de Poutine pour crime d’agression, prise ce mois-ci après un accord entre le Conseil de l’Europe et l’Union européenne, est historique et offre de l’espoir dans une époque de chaos et de fracture. Ce tribunal spécial est un mécanisme d’intention pratique mais, plus que cela, c’est une déclaration : il n’y aura plus jamais de cachette pour les coupables d’atrocités de guerre et de destruction inutile de vies civiles.
Il ciblera ceux du cercle restreint du président – les généraux, les bureaucrates et les fonctionnaires – qui ont planifié l’agression russe en Ukraine. La justice a peut-être été retardée pendant les quatre années écoulées depuis l’invasion de l’Ukraine, mais elle n’est plus niée. Et maintenant, la machine de guerre russe doit expliquer sa culpabilité dans la première guerre déclenchée par une grande puissance en Europe depuis 1945, et sa responsabilité, comme l’a estimé le Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS), dans la mort de près de 100 000 soldats ukrainiens. Rien qu’en avril 2026,...
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